Capitaliser les savoirs internes : un avantage compétitif décisif face aux tensions industrielles

Préserver et valoriser le savoir interne : un enjeu clé pour l’industrie
Le 19 mars, 75 professionnels se sont réunis à La Ruche Industrielle pour un Retour d’EXpérience consacré à la préservation et valorisation du savoir interne.
Pour la CNR, EFI Automotive, Fives, Groupe SEB, Haulotte et Volvo Renault Trucks, un constat s’impose : le savoir est un actif stratégique pour les entreprises industrielles. Fort d’un travail de 9 mois, les résultats et livrables ont été présentés.

Un contexte sous tension
Départs à la retraite, difficultés de recrutement, accélération des transformations… Les entreprises peinent à anticiper et capter leurs savoirs critiques. Or, ces compétences — souvent tacites — conditionnent directement la performance.
“Le savoir qui dort est un coût, le savoir partagé est un profit.” Il est donc devenu stratégique de s’emparer de ce sujet.
Structurer le knowledge management
Les échanges ont mis en avant une approche pragmatique du management des connaissances ou encore knowledge management (KM) :
- Identifier les savoirs critiques : qui ? Pourquoi ? où agir en priorité ?
- Combiner les méthodes pour capter les savoirs tacites des experts : “Un expert ne sait plus qu’il sait”. Autant de méthodes qu’il convient de connaître pour choisir celle qui sera la plus appropriée : REX de fin de projet, formalisation, analyse des gestes métiers comme la méthode Hapster.
- Structurer l’information pour la rendre accessible de manière efficace : organisation, contexte, ergonomie des interfaces
- Animer et pérenniser le savoir pour que les données restent toujours à portée de connaissances et à jour
L’objectif est de passer d’un savoir dispersé à un capital de connaissances activable.

Transmettre… et faire vivre
La transmission n’est pas une fin en soi et ne suffit pas pour instaurer une démarche sur le long terme. Encore faut-il la rendre efficace, notamment dans des environnements multigénérationnels.
Quelques bonnes pratiques ont été partagées par les membres du groupe projet :
- L’animation de communautés par le biais de moments informels et formels par exemple !
- Une gouvernance dédiée : ambassadeurs, comités… et les rituels associés
- La mise en place d’outils facilitant l’accès aux experts, comme chez Volvo Trucks qui a mis en place une application interne permet de prendre rendez-vous avec un expert, comme sur Doctolib !

Mesurer pour gagner en performance
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- 10 à 20 % du temps est consacré à chercher de l’information
- 14 % à recréer de l’existant
D’où un enjeu clé : cartographier les savoirs et mesurer leur couverture, avec un objectif clair : 100 % des savoirs critiques doivent faire l’objet d’une attention particulière, voire d’un traitement maîtrisé et mis à jour.

Pour conclure
L’intelligence artificielle s’impose désormais comme un levier pour capter et diffuser les connaissances. Mais elle repose sur un préalable essentiel : la qualité des données et leur structuration restent du ressort des humains ! Il ne faut pas se laisser dépasser par la technologie.
Sans transmission, il n’y a pas de croissance durable. Capitaliser, transmettre, actualiser : la gestion des savoirs est un levier direct de compétitivité et de pérennité industrielle.
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