Inclusion en entreprise : comment adapter le travail aux compétences de chacun ?

Le 17 septembre 2026, La Ruche Industrielle accueillait pour la première fois la 6ᵉ édition d’Objectif Inclusion Emploi, organisée en partenariat avec Mengrov.
Réunissant 100 participants, cette matinée a rassemblé entreprises, acteurs du territoire, associations et professionnels autour d’un enjeu commun : faire progresser concrètement l’inclusion et l’emploi dans les secteurs du médico-social et de l’industrie.
La Ruche Industrielle, un lieu pour faire dialoguer les mondes
Pour Caroline Félix, Directrice Générale de La Ruche Industrielle, l’un des atouts du collectif réside précisément dans la diversité des profils qu’il réunit. En croisant les expériences et les regards, les participants peuvent prendre de la hauteur, partager ce qui a été expérimenté et identifier ce qui fonctionne réellement. Une dynamique au cœur de la « méthode Ruche », fondée sur les communautés et les échanges entre pairs.
Cette capacité à créer des passerelles prend tout son sens sur les sujets d’inclusion, particulièrement complexes dans l’industrie, où les exigences de performance, de qualité, de sécurité et de délais doivent être conciliées avec les besoins des personnes.

La Ruche Industrielle joue alors un rôle de trait d’union entre des acteurs qui ne parlent pas toujours le même langage, pour favoriser les rencontres utiles, partager les expériences et faire émerger des solutions concrètes.
Métiers en tension, recrutement et adaptation : passer du discours à l’expérimentation
La première table ronde, « Métiers en tension : et si la clé était la flexibilité ? », a permis d’aborder très concrètement les conditions permettant de concilier inclusion, exigences industrielles et besoins des personnes.
Quelques éléments qui ne reflètent pas l’intégralité des échanges mais en donnent un aperçu :
- Frédéric (ALGED) a notamment évoqué le rôle du moniteur d’atelier et l’importance d’un accompagnement adapté, permettant de prendre en compte les besoins de chacun tout en conservant les exigences de sécurité et de travail réel.
- Fabien Morin (Bosch Rexroth), a partagé plus de vingt ans d’expérience de collaboration avec un ESAT, avec notamment le transfert de deux lignes de production et un important travail de préparation et de formation.
- Charlotte David et Clémence Defond (Ninkasi) ont quant à elles témoigné de l’importance de partir des capacités réelles des personnes et du rôle déterminant des managers de proximité dans l’adaptation des situations de travail.

La deuxième table ronde, « Immersion, rencontre et adaptation », a déplacé le regard vers les pratiques de recrutement et la découverte des potentiels.
- Laurent Arnaud (Je ne suis pas un CV / Je ne suis pas un handicap) a questionné les approches traditionnelles du recrutement et invité à regarder davantage les compétences et ce que les personnes pourront faire demain plutôt que leur seul parcours passé.
- Matthieu de Châlus (DEAFI) a insisté sur l’accessibilité et l’importance de permettre aux personnes sourdes et malentendantes d’exprimer pleinement leurs talents.
- Lucie Pelliset (Directrice d’ESAT à la Fondation OVE) a présenté les différentes formes d’immersion en entreprise, de la visite au DuoDay, comme autant d’occasions de partir du réel et d’adapter progressivement l’environnement de travail.
- Alexandra (travailleuse en ESAT) a partagé son expérience d’un DuoDay chez Staubli, illustrant concrètement ce que la rencontre avec l’entreprise peut permettre.

La Ruche comme une « lisière », pour créer des rencontres qui transforment
Cette idée de rencontre a trouvé un écho particulier dans l’intervention de Nicolas Bouteloup, philosophe, coach et spécialiste de Spinoza. Il a proposé de penser La Ruche comme une « lisière » : cet espace vivant où le bois rencontre le champ, où des mondes différents se côtoient et peuvent s’enrichir mutuellement.
Cette métaphore illustre particulièrement bien la vocation de La Ruche Industrielle : créer les conditions de rencontres utiles entre entreprises industrielles, acteurs économiques, associations, institutions et personnes concernées.
Une lisière reste vivante lorsqu’elle permet les échanges et évite le cloisonnement. Dans cette perspective, la Ruche joue un rôle de « diplomate entre des mondes », en facilitant le dialogue et en permettant à chacun de partager ses expériences, ses contraintes et ses solutions.
Cinq « pas de côté » pour faire évoluer les pratiques d’inclusion
La matinée s’est conclue autour de cinq « pas de côté » pour faire évoluer les pratiques d’inclusion :
- rencontrer plutôt que présumer,
- regarder d’abord les capacités,
- tester plutôt que rechercher immédiatement la perfection,
- ne pas laisser les managers seuls face aux situations rencontrées?
- considérer l’adaptation comme une opportunité de faire évoluer les organisations et les modes de communication.
À travers cette 6ᵉ édition d’Objectif Inclusion Emploi, La Ruche Industrielle confirme ainsi son rôle de lieu de coopération, de partage d’expériences et d’expérimentation, au service d’une industrie plus inclusive. Parce que c’est souvent à la frontière entre les mondes, dans cette « lisière » où les regards se croisent, que peuvent naître de nouvelles façons de travailler ensemble.
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